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BUGGERRU
: vue générale
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Coincé entre mer et
montagne, situé dans une région minière productrice
de zinc, de plomb et d'argent, Buggerru ,
plus important des gisements italiens de zinc, est aussi un très
ancien ancien port minéralier : du XVIII° au XX° siècle,
les produits d'extraction locale y ont été embarqués
pour alimenter les fourneaux sidérurgiques du sud de l'île
ou du continent.
Quelques cartes postales du début du XX° siècle montrent
comment le minerai, extrait des montagnes cernant la ville, était
transporté sur des wagons tractés par des mules, puis transbordé
à dos d'homme sur d'imposantes barges à
grément latin, amarrées le long de la plage. Après
une demi-journée de navigation, à Carloforte, le minerai
était transbordé sur de plus grands navires.
Sitôt sortis des puits, les mineurs de Buggerru
partaient pêcher en mer, menant ainsi de front les deux mêtiers
les plus durs et les plus dangereux que l'homme ait jamais du pratiquer
pour nourrir sa famille.
On conçoit que, soumis à ce dur labeur par un patronat peu
soucieux des valeurs sociales, les mineurs de Buggerru
se soient révoltés et mis en grève, acte de désobéissance
civile salué par les salves assassines des forces de l'ordre
et commémoré aujourd'hui par une émouvante composition
sculpturale.
Dans les années 1960,
la rentabilité des mines, modernisées et gérées
par une société française, fut jugée insuffisante.
Les puits furent fermés, le matériel
et les structures d'exploitation furent abandonnés en l'état.
On favorisa alors l'émigration des mineurs de Buggerru,
au savoir-faire inestimable, vers les bassins métallifères
du Pas-de-Calais et de Lorraine.
Aujourd'hui, une seule mine est encore exploitée
à Buggerru, avec des moyens hautement
mécanisés, tandis que les émigrés
sont revenus au village, souvent accompagnés d'une épouse
et d'enfants natifs du Plat Pays.
Devant le portique d'accès
au puit de l'ancienne mine Lucien, le trop-plein d'eau coule encore et
se déverse en chantant dans un bassin qu'agrémente un petit
square, paysagé à la japonaise.
Parmi les superstuctures rouillées des anciennes installations
de transbordement, on aménage un musée-atelier qui sera
ouvert à la jeunesse locale.
En été, la mine Henri accueille
les touristes curieux d'archéologie industrielle.
Depuis le quai d'amarrage des minéraliers à vapeur d'antan,
on accède désormais aux pontons d'un port
de plaisance que deux nouvelles digues protègent
des tempêtes, mais pas de l'ensablement. De part et d'autre de Buggeru
la côte mérite d'ailleurs l'attention des amis de la mer,
que ce soit au nord avec l'immense plage de Portixeddu,
bordée de splendides pinèdes retenant les dunes de San Nicolo,
ou au sud, jusqu'au Pain de Sucre de Masua, avec des
falaises dont les tombants attirent des plongeurs expérimentés
et des criques où l'on peut pratiquer l'art du farniente, sans
modération.
Aux randonneurs, l'arrière pays et ses monts pittoresques offrent
le spectacle d'une nature encore sauvage, que peuplent quelques bergers,
et les fantômes des cités minières abandonnées.
Liens Internet :
Centre
de Plongée
Site
Officiel de Buggerru

BUGGERRU : vue générale
au petit jour.
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