THARROS : ses deux colonnes corinthiennes emblèmatiques, sont les vestiges
d'un temple romain bâti au II° ou III° siècle de notre ère sur les substructures,
encore visibles, d'un temple punique du III° siècles av.JC.
Tharros
Cité punico-romaine
sur la péninsule de Sinnis
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On peut imaginer que lorsqu'un premier navire Phénicien aborda la presqu'île de Tharros, sous la colline que gardait un Nuraghe déjà millénaire, son capitaine s'avisa que ce mouillage double, de part et d'autre de la péninsule, ferait une parfaite escale pour ses successeurs. Assurément, vers 730, un comptoir fut fondé là, entre les côtes africaines et ibériques et, pendant les siècles qui suivirent, les denrées celtes, étrusques, chypriotes et égyptiennes ne cessèrent de transiter par les entrepôts du port phénicien d'abord, puis à partir du IV° siècle av.JC, carthaginois.
Après que les Romains eurent pris Tharros à la fin de la Première Guerre Punique, la cité, trop éloigné des côtes latines, connut une courte période de déclin mais retrouva toute son activité, dès que l'Empire se fut étendu vers l'occident méditerranéen. C'est de cette époque (II° et III° siècle ap.JC) que datent le dallage basaltique des rues, les égouts sous-jacents, l'aqueduc, la fontaine, les thermes, les temples, la palestre et le petit amphithéâtre dont on peut aujourd'hui contempler les vestiges.
Au V° siècle, sur l'emplacement de thermes démodés, on élève une basilique chrétienne mais, décidemment trop éloignée de Constantinople, Tharros la Byzantine s'étiole lentement. Au VII° siècle, seul un poste militaire anime encore la colline de Murru Bannu et derrière cette installation, autour de la nouvelle église-cathédrale de San Giovanni, une multitude de huttes de roseau abrite la population qui a quitté l'antique cité de pierre.
Au X° siècle, alors que la nouvelle communauté est devenue le siège du giudice d'Arborea, le harcèlement des corsaires Sarrasins la poussent davantage à l'intérieur des terres. On démantèle ce qui reste des augustes monuments de Tharros et on emporte ce qui peut l'être pour construire, sur une hauteur, la ville fortifiée connue depuis l'an 1070 sous le nom d'Oristano.
A l'extrémité de la péninsule désertée, hors une tour mise là par les Espagnols au XV° siècle, Tharros l'oubliée se cache sous les sables que lui apporte le vent d'un millier d'hivers et la mer, lentement, monte à l'assaut de ses quais.
Occasionnellement, un chercheur de trésors vient chercher l'or phénicien déposé dans ses nécropoles : un certain Lord Vernon le revend aux conservateurs du lointain British Museum.
C'est seulement en 1950 que les archéologues fouillent la grande citée que seuls les touristes aujourd'hui animent.
Les artefacts exhumés sont visibles dans les musées de Cabras et Oristano.
Qu'il est poignant de voir ce qui reste de ce port florissant, de sa casbah à jamais paisible, de ses thermes désormais secs et de ses temples aux dieux oubliés ! Depuis les marchands phéniciens jusqu'aux corsaires mauresques, combien d'hommes et de femmes vécurent ici des jours de miel ou de cendre ? Le souvenir s'en est estompé, puis a disparu dans l'abime du temps ...


THARROS : la tour espagnole de Don Giovanni (XV° siècle) domine la cité en ruine



THARROS : sous la tour Don Giovanni, les restes d'un petit amphithéâtre romain
recouvrent ceux de la nécropole punique, elle-même creusée sur le site d'un village nuragique.

THARROS : chapiteau corinthien.

Photo de droite : les deux colonnes et,
à l'arrière plan, le cap San Marco
qui ferme la baie intérieure de Tharros.



THARROS : la voie romaine descend la colline de Marru Bannu
vers la cité abandonnée que seuls animent les touristes.


THARROS : un égout se cache sous les dalles de basalte de la voie romaine,
bordées d'échoppes et de demeures dont seuls restent les seuils.

SARDAIGNE PREHISTORIQUE : les Sardo-Punics

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