Nora
Cité punico-romaine
près de Pula


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NORA : depuis le Forum, vue sur le promontoire du cap de Pula
surmonté par la tour espagnole de Coltellazo (XVI° siècle).

Nora serait la plus ancienne des villes de Sardaigne.
C'est du moins ce qu'assure l'historien Strabon, soit pour l'homonymie partielle des termes Nora et Nuraghe, soit en référence aux marchands-navigateurs phéniciens qui aménagèrent cette escale stratégique au VIII° siècle av.JC.
Ses trois ports, dont un au moins était toujours abrité, incitèrent les Carthaginois à faire de Nora, au VI° siècle av.JC, une ville importante que les Romains occupèrent à la fin du millénaire.
De l'époque punique, subsistent d'imposantes substructures et les vestiges d'un ensemble qui pourrait avoir été un fortin, nanti d'une fosse mystérieuse. Il est probable que d'autres témoignages des occupations phéniciennes et puniques soient encore découverts, comme le promettent les recherches archéologiques en cours.
Egalement, les fouilles sous-marines pratiquées dans la baie ont mis à jour le col d'une amphore phénicienne portant la marque "SRD" - ou Shrdn -, sigle qui serait la plus ancienne référence toponymique à l'île de Sardaigne.
Aussi, après la première guerre punique et la conquête romaine, les bornes miliaires qui jalonnaient les routes construites sur l'île semblent avoir eu pour point de référence Nora, qui fut donc capitale de la province sarde.

La datation des ruines visibles aujourd'hui couvre toute la période de l'Empire Romain. Jusqu'au III° siècle de notre ère, sur l'épaulement de la presqu'île, ré-aménagements et extensions se sont succédés, témoignant de l'activité séculaire des habitants de Nora, de ses artisans et de son vaste marché. Le forum, un petit temple, trois thermes, évoquent la vie culturelle des citoyens, ainsi qu'un théâtre, petit, mais unique en Sardaigne.
En bord de mer, une habitation assurément luxueuse s'ordonnait autour d'un jardin aquatique. Une autre riche demeure, légèrement à l'écart de la cité, montre encore les quatre colonnes de son atrium et, en abside, une salle d'eau.
Plus avant vers la pointe de la presqu'île, de nos jours appelée "Pointe aux Serpents", un temple d'Esculape, assez vaste, prodiguait des soins aux malades, parfois avec succès puisque des ex-votos ont été exhumés.
Particulièrement suggestives, de nombreuses mosaïques subsistent ci et là, leurs carreaux de céramique noire, blanche ou ocre, de fabrication locale, composent de beaux dessins géométriques et une scène figurative visible, elle, au musée de
Pula (ticket unique pour la visite des ruines et du musée).

Après la chute de l'Empire Romain, comme tant d'autres cités de la méditerranée occidentale, Nora va décliner. Incapable de se défendre des attaques barbaresques, sa population l'abandonne. La ville tombe dans l'abîme du temps.

Le visiteur moderne de passage à Pula se doit de rendre hommage à la grandeur de l'antique Nora. Un circuit didactique bien conçu, permet de replacer vestiges et monuments dans leur contexte.



NORA : le seul théâtre romain de toute la Sardaigne


NORA : mosaïque dans la villa aux 4 colonnes



NORA : mosaïque dans la villa aux 4 colonnes


NORA : mosaïque dans une zone d'habitation

SARDAIGNE PREHISTORIQUE : les Sardo-Punics

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