Sant'Antioco
SANT'ANTIOCO : le Tophet, nécropole des limbes.

Sulci
Cité punico-romaine
de Sant'Antioco

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SANT'ANTIOCO : la déesse TANIT
(reconstitution d'une stèle funéraire punique

Aux débuts du I° millénaire av.JC des navigateurs phéniciens établirent en l'île de Sant'Antioco, à l'emplacement de l'actuelle ville homonyme, une de leurs premières escales sur la route menant aux côtes ibériques. C'était pour eux un port idéal : que ce soit à l'est ou à l'ouest du promontoire s'avançant sur les hauts fonds qui séparent Sant'Antioco de la Sardaigne, la protection des navires était toujours assurée.
Rapidement, l'escale devint un comptoir, puis une ville nommée Sulki, ou Slky. Après que, sur la toute proche côte africaine, Carthage se soit émancipée des fondateurs phéniciens, les 10.000 habitants de Sulki en ont fait une des plus grandes cités de l'empire punique.
Aux alentours de 240 av.JC, Sulki est la première ville sardo-punique à tomber aux mains des envahisseurs romains, qui l'appelleront Sulci.

Le Tophet :
Si parmi les nombreux vestiges archéologiques de Sant'Antioco, le tophet est celui qui attise le plus l'imagination des visiteurs, c'est sans doute pour sa sinistre réputation : les restes des bambins trouvés dans les urnes des traditionnels tophets, seraient les fils premiers nés des grandes familles carthaginoises, systématiquement sacrifiés au dieu Baal. Depuis l'antiquité, les récits plus ou moins exaltés de ces infanticides ont connu une durable notoriété, puisqu'ils n'ont été contestés que dans les dernières années du XX° siècle.
Raisonnablement, le suicide génétique suggéré par des historiens par ailleurs concurrents ou ennemis des Phéniciens, paraît peu compatible avec la réalité d'une culture qui s'est étendue d'un bord à l'autre de la Méditerranée avant de constituer une de ses plus puissante oligarchie, et ce malgré une mortalité infantile naturellement importante (75% selon les experts).
Aussi, le contenu des urnes des tophets bénéficie-t-il aujourd'hui d'explications plus réfléchies. La plus vraisemblable est que lorsqu'un enfant décédait avant la cérémonie marquant sa venue dans la communauté, le petit corps était incinéré et les cendres placée dans une urne, elle-même conservées dans un lieu consacré, véritable nécropole des limbes. Symboliquement, les dépouilles des enfants morts en couche (foetus) pouvaient être remplacées par celles de jeunes animaux (agnelets, cabris) ou d'oiseaux. Quand une naissance heureuse survenait enfin, une stèle votive, probablement dédiée par les parents reconnaissants, était placée dans le tophet.
C'est ainsi que le champ d'urnes de Sant'Antioco, après d'innombrables destructions, compte encore 3.300 vases funéraires et 1.600 stèles.

La nécropole des adultes :
Pour la paix éternelle des âmes "matures", les Phéniciens et les Carthaginois creusaient de spacieuses sépultures souterraines ou bâtissaient de volumineux mausolés. Le corps n'était pas incinéré mais, au contraire, enduit d'onguent parfumé et enveloppé d'un linceul écarlate, il était placé dans un cercueil de bois. Les objets favoris du défunt l'accompagnaient dans l'au-delà, et des masques horrifiants tenaient à l'écart les esprits mal intentionnés.

De nombreuses hypogées puniques aménagées dans le tuf de Sant'Antioco, ont été ré-utilisées pendant la période romaine, et celles situées sous la vieille ville servaient encore d'habitations au cours du siècle dernier. Les nécropoles s'étendent sur une quinzaine d'hectare et les fouilles sont loin d'être terminées. Les plus belles pièces de mobilier funéraire sont exposées au Musée Archéologique local, d'où part un circuit didactique qui permet au visiteur moderne d'apprécier cet ensemble impressionnant.

La Sardaigne Préhistorique



SANT'ANTIOCO : le Tophet, nécropole des enfants "non-nés".
A l'arrière plan, les pierres de la muraille présentent les arêtes à bandeau en creux
qui caractéristiquent l'ouvrage des tailleurs puniques.



SANT'ANTIOCO : urne funéraire et stèle votive.



Vaporisateur de parfum.
On verse dans le chapeau du personnage le parfum qui s'accumule dans le vase et ressort en "spray" par la bouche de la grenouille quand on souffle dans le chapeau !!!

Encensoir.
L'encens est brûlé sur des braises dans la coupelle
placée sur la tête du personnage.
SANT'ANTIOCO : mobilier funéraire de la nécropole punique.
Les styles égyptien, étrusque et grec marquent la diversité des contacts commerciaux
entretenus par les marchands sémites.

Vase à huile parfumée.
Dans l'au-delà le défunt pouvait en utiliser le contenu.

Vase à huile parfumée.
Le corps du défunt était aussi enduit d'onguent.
Le masque horrifiant de l'arrière plan devait éloigner de la sépulture les esprits malins (et évidemment sensibles).


SARDAIGNE PREHISTORIQUE : les Sardo-Punics

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