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La colline de Scerri
est un des pittoresques chaos de roche grèseuse parsemant une vallée
isolée, plantée d'oliveraies parmi lesquelles circule un
ruisseau bordé de grands
roseaux. Le nuraghe Scerri surveille
ce paisible bocage méditerranéen du haut de sa colline,
dont le flanc sud est couvert de traces d'habitat,
murets circulaires étagés en terrasses successives. Les
(rares) visiteurs accèdent à la forteresse après
avoir contourné une première muraille megalithique, puis
les vestiges d'un étroit passage formant corridor.
Ceinte de deux autres murailles, l'une au sud surplombant la précédente,
l'autre au nord bordant l'à-pic de la colline, l'unique tour du
nuraghe a encore fière allure. Après s'être risqué
sous le linteau de l'entrée, on trouve un classique
escalier intérieur prenant à gauche, puis un tholos dont
la voûte est aux deux-tiers écroulée. L'assemblage
orthostatique des mégalithes paraît remarquablement ingénieux
et la médiocre qualité du matériau grèseux
suffit à justifier la ruine de l'édifice.
Dans les zones d'effondrement, on distingue diverses pierres taillées,
soit droites, soit courbes, vestiges possibles d'un encorbellement de
l'ancienne plate-forme sommitale. Entre la tour et les murailles, on devine
l'existence de cours intérieures, aujourd'hui comblées et
faisant l'objet de fouilles archéologiques. La muraille
nord présente une belle entrée en couloir.
A l'ouest de la tour et à sa base, un trou d'homme réservé
dans le mur donne sur le rocher sur lequel s'appuit le monument et une
étroite fissure d'où sort un courant d'air frais, suggérant
une utilisation en "chambre froide".
Ce flanc ouest de la colline forme un à-pic impressionnant, empilement
de roches que l'érosion a ciselées en dentelle. En contre-bas,
les fouilles archéologiques ont dégagé les vestiges
d'une grande hutte circulaire. Près de là, un beau Domus
de Janas et les traces de plusieurs autres, creusés dans les rochers
aujourd'hui brisés, signent l'existence d'une nécropole
beaucoup plus ancienne que l'ensemble nuragique.
La colline de Scerri donne l'impression d'une
implantation à forte densité, qui aurait servi pendant plusieurs
millénaires. Les nombreuses formations rocheuses avoisinantes semblent
pouvoir cacher d'autres merveilles préhistoriques.

Nuraghe
SCERRI : l'accès vers l'intérieur de la tour et son linteau
monolithique brisé.
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