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Parmi les salines de l'isthme de Sant'Antioco,
se trouve un couple de menhirs dits Le Moine et
La Nonne, Su Para e
Sa Mongia.
Selon la tradition locale, les deux personnages furent pétrifiés
alors qu'ils fuyaient les lieux d'un amour rendu coupable par leur état
monastique.
Les thèmes conjoints de la faute et de la pétrification
sont une constante des contes d'origine chrétienne qui tendent
à détourner le sens païen des nombreuses pierres
levées de Sardaigne.
Ici, le
voile jeté par la légende reste assez transparent :
les deux amants évoquent le couple divin primordial et leur représentation
non figurative indique qu'ils symbolisent l'essentielle dualité.
Le
plus grand des deux menhirs, Le
Moine, semble courbé vers le soleil levant.
La Nonne est plus basse, plus épaisse,
comme enceinte. Sa face orientale est creusée de plusieurs cupules
qui pourraient représenter des yeux et, sur l'autre face, un
défaut naturel de la roche, dument cerclé, évoque
un nombril.
Le lieu même où les pierres furent levées est remarquable
: sur le plat d'un cordon lagunaire qui s'étire à fleur
d'eau, elles sont visibles de loin. A proximité, s'étendent
des salines dont le produit est d'une qualité suffisante pour
qu'il ait été célébré par les gastronomes
de la Rome antique et qu'il soit encore exporté pour la salaison
du jambon de Parme. On peut donc croire que quand ces deux pierres furent
dressées, il y a 4.000 ans, le commerce du sel supportait déjà
l'économie d'une communauté locale aussi soucieuse de
marquer son territoire que de rendre grâce aux Dieux.
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