Pierres Levées
Menhirs et Bétyls
Domus de Janas
ou  Maisons de Fées
La Sardaigne Préhistorique
Cultures - Chronologie

Les Pierres Levées

0uvrages mégalithiques de la première heure, les pierres levées signent l'apparition d'activités collectives et religieuses : leur érection requiert la participation des membres d'une communauté qui pose ainsi sa marque sur le paysage, et ces solides verticales dressées entre terre et ciel lient l'homme aux puissances surnaturelles.
L'alignement de pierres levées, ajoutant un indice directionnel au signal géographique, a probablement fourni les repères indispensables à l'observation astronomique, à l'annonce des solstices et donc à l'invention du Temps.
Les pierres levées sculptées et sexuées, dites bétyls, donne des cultes premiers la dimension propitatoires, et ce pour la fertilité des lignées humaines, plutôt que pour celle d'une agriculture encore balbutiante.
En Sardaigne, où elle apparaissent dès avant la culture dite d'
Ozieri, les pierres levées ne manquent pas : on remarque celles de l'ensemble mégalithique de Perdalonga près de Tortoli, le couple pétrifié de l'isthme de Sant'Antioco, les alignements de Pranu Mutteddu (Goni) et ceux circulaires de Li Muri (Arzachena), l'énigmatique menhir de Laconi, l'imposant dolmen de Sa Coveccada (Mores), celui énigmatique de Santa-Maria Navarrese, etc...
Les pierres levées sont les objets de légendes locales qui développent presque toujours le thème très chrétien de la faute punie de pétrification.
Ces contes, laissant transparaître la signification initiale et sacrée des mégalithes, constituent avec l'analyse ethno-archéologique des clefs pour pénétrer le monde de nos ancêtres, et ainsi mieux nous connaître.

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Domus de Janas

Domus de Janas
ou  Maisons de Fées

Les Domus de Janas sont des sépultures collectives creusées dans la roche par les populations de la culture dite d'Ozieri (ou San Michele), qui prédomine dans des horizons archéologiques très entremèlés mais relevant de la période allant de 4.000 à 3.200 av.J.C. soit, en Sardaigne, la fin de l'Age de Pierre. Les quelques 2000 excavations visibles de nos jours sont les vestiges les plus évidents de cette culture prolifique, par ailleurs connue pour ses ensembles de pierres levées et pour avoir initié l'activité métallurgique dans l'île.
Probablement inspirées d'un modèle plus ancien, ces tombes sont souvent groupées en nécropole près des riches villages du littoral.
Dans ces communautés, les morts étaient d'abord dépouillés de leur chair. Les rites de décharnement se pratiquaient dans des enclos (cercles de pierre dressées) réservés à cet effet. La séparation de la chair et des os signifie que la force vitale (mana) est considérée comme résidant non dans les parties molles (transitoires) du corps mais dans ses éléments durs (durables). La présence de foyers dans les enclos de décharnement indique que les chairs prélevées étaient incinérées. L'anthropologie comparée suggère que certains organes auraient été les objets d'un cannibalisme sacré. Les squelettes étaient enduit d'ocre, puis brisés et démembrés. Enfin, les os étaient mis dans des urnes de terre cuite, entreposées dans les Domus de Janas, dont les parois étaient souvent enduite d'ocre et parfois ornés de gravures symboliques. Conservés hors les tombes, certains éclats d'os pouvaient constituer de puissants talismans.

Domus de JanasLes plus importants ensembles de Domus de Janas sont les nécropoles de Montessu près de Villaperùccio (Ca), de Santu Pedru près d'Alghero. Ceux de Sas Concas près d'Oniferi (Nu), d'Anghelu Ruiu sur le plateau d'Alghero, de San Andrea Priu près de Bonorva (Ss), de Lotzorai (Nu), du Mont Terle près de Tortoli (Nu), du Mont Scerri à Ilbono (Nu) peuvent aussi être visités.


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