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Les Domus de Janas, ou Maisons de Fées,
de Lotzorai sont situées à
quelques kilomètres du littoral, dans un pittoresque massif de
grès rose dominant la plaine côtière.
La roche est érodée en formes
parfois concaves, rappelant les tafonis corses. Les poches naturelles
abondent et c'est dans les plus grandes que les Domus de Janas
ont été aménagées. Le grès, à gros grains si peu agglomérés que la roche
s'effrite sous le doigt, a évidemment rendu aisé l'aménagement des sépultures,
dont certaines présentent un plafond défoncé ou une avancée
brisée, dégats que la fragilité du matériau suffit à
justifier.
Sur l'entrée quadrangulaire des tombeaux,
on distingue clairement les rainures taillées en encadrement
pour l'ajustement hermétique d'une porte
en pierre et, parfois, des mortaises pour caler une traverse en assurant
le maintient ainsi qu'une rigole pour l'évacuation des eaux de
pluie.
Hors ces marques utilitaires, la nécropole présente un unique pétrogliphe
: c'est une belle arche, taillée en creux au dessus
de l'entrée du "domus" n° 3.
C'est seulement à croupetons qu'on peut pénétrer
dans les caveaux.
On découvre alors une antichambre votive ouvrant sur une ou plusieurs
cavité(s) funéraire(s) de volume si réduit que les plus petites des sépultures
pourraient à peine contenir un seul corps. Il a été
établi par ailleurs que les constructeurs des Domus de Janas
décharnaient les dépouilles mortelles pour n'en conserver
que les os, mis dans des urnes de terre cuite entreposées dans
les tombes. De tels rituels, on peut conclure que la force vitale (mana)
était considérée comme résidant non pas dans
les parties molles et transitoires du corps mais dans ses éléments
durables et structurels.
Dans l'alignement de l'entrée d'un des tombeaux, une tranchée
longue de 3 ou 4 mètres et profonde de 30 à 40 centimètres semble avoir
été creusée dans la roche. On peut l'imaginer couverte, voire dotée
d'une superstructure.
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