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La charmante église
de San Giovanni di Sinis peut prétendre
au titre de plus ancien sanctuaire chrétien de Sardaigne
(avec celui de San Saturno à
Cagliari) : dédicacée
à Saint Jean-Baptiste en 470, San
Giovanni di Sinis fut bâtie sur l'emplacement d'un
temple champêtre élevé 9 siècles plus
tôt par les habitants de la cité
punico-romaine de Tharros.
Dans le plus pur style byzantin, son dôme soutenu par quatre
piliers et arcades témoignent encore de l'époque
où, à la chute de l'Empire Romain, la population
Sarde fut christianisée sous
la houlette de Constantinople.
Il
est difficile d'imaginer aujourd'hui la ville qui, à
la fin du 1er millénaire, entourait San
Giovanni di Sinis
: c'était pourtant le siège épiscopal
et le centre politique du Giudice d'Arborea.
Au X°
siècle, San
Giovanni di Sinis
est aggrandie, dans le respect de l'édifice
original, par les moines bénédictins de l'abbaye
de Saint-Victor à Marseille.
Mais bientôt, sous la pression des corsaires mauresques,
la population va se réfugier ŕ l'intérieur des terres et
fonder l'actuelle Oristano (1070).
Désormais abandonnée
aux incursions des pirates de tout acabit,
San Giovanni di Sinis connût,
comme toute la péninsule du Sinis,
un millénaire de ruine et de désolation : c'est
seulement au début du XX° siècle, alors qu'elle
servait de bergerie, que l'église fut rendue au culte,
puis joliment restaurée.
Un pélerinage-marathon
:
Chaque 25 juillet,
les pêcheurs des lagunes du Sinis se réunissent en
l'église de Nuraghi, pour passer une nuit de prière
autour de la statue de Saint Augustin.
Le lendemain matin, ils chargent la statue sur leurs épaules
et l'emportent jusqu'à San Giovanni
di Sinis. La tradition impose que ce parcourt de 18 km
soit effectué au pas de course.
A San Giovanni di Sinis, la statue
de Saint Jean-Baptiste a été
sortie de son église et, devant l'antique portail byzantin,
elle accueille celle de son confrère. Cette journée
de retrouvailles sacrées se termine par d'humaines festivités.
Les 26, 27 et 28 juillet, les célébrations se succèdent
et des processions accompagnent les deux Saints que l'on promène,
côte à côte, parmi les lagunes ou au long des
magnifiques plages environnantes.
Le 29, les porteurs reprennent leur charge et rapportent, toujours
au pas de course, Saint Augustin
en son sanctuaire. Une foule enthousiaste encourage les coureurs
pendant leur traversée de la ville de Cabras, puis à
leur arrivée à Nuraghi. Là, chacun des deux
saints ayant retrouvé ses pénates, la fête
bat son plein jusqu'à tard dans la nuit...
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