La Sardaigne face au XXI° siècle
L'Ile Militaire
Le Tourisme
La Sardaigne et l'Europe


A l'aube du XXI°siècle, l'économie de la Sardaigne n'a toujours pas décollé. Le chômage sévit et en 2002 l'émigration qui draine les forces vives de l'île depuis le XIX° siècle, continue d'augmenter à un taux de 3 à 4%, selon les estimations.


L'île militaire :
24 bases militaires de l'OTAN occupent de notables portions du territoire de l'île, transformées en champs de tirs d'essai pour les missiles pan-atlantiques et, très certainement, en décharges pour produits radioactifs, bien que l'Italie ne soit une puissance nucléaire, ni militairement, ni énergétiquement.
En 2003, le Ministre de la Défense italienne, Antonio Martino, sourd aux observations et protestations des représentants sardes, autorise l'élargissement de la base militaire de La Maddalena, qui abrite une escadre de sous-marins nucléaires U.S. au beau milieu d'un des plus grands Parcs Naturels de la Mer Méditerranée. Des 37.000.000 de dollars qui seront investis dans cette entreprise d'un autre âge, combien iront à la Sardaigne, qui héritera néanmoins de 52.000 mètres-cubes de béton ?

Le tourisme :
Deuxième île méditerranéenne par sa superficie, la Sardaigne mérite largement d'être dite "île aux trésors" : l'abondance et la diversité de ses merveilles naturelles, l'omniprésence de ses vestiges historiques, le caractère non-obséquieux mais franchement hospitalier de sa population, auraient pu en faire une des grandes escales touristiques du sud de l'Europe. Sur ce marché, sa place reste pourtant parmi les plus modestes.
L'échec de la politique touristique en Sardaigne s'explique par un libéralisme dénué d'imagination mais notoirement corrompu, par le manque chronique de concertation locale, et par l'absence de formation des personnels, causes d'une outrancière carence des services, manifeste sur toute la filière.
S'il en est, les profits de cette fragile industrie vont aux investisseurs continentaux et internationaux, qui n'en couvrent pas moins le sublime littoral de l'île de villas et d'ensembles hôteliers à l'architecture pour le moins douteuse, esthétiquement, sanitairement et écologiquement parlant.
On peut sans doute se réjouir que l'intérieur de l'île, donc sa majeure partie, soit encore indemne de ces profanations et reste une des contrées les plus authentiques de la Méditerranée.

La Sardaigne et l'Europe :
Le Parlement Européen s'étant refusé en 2002 à considérer l'existence des (trop) nombreuses minorités de l'Ancien Continent, la Sardaigne n'y est pas représentée. Pourtant, sa position privilégiée au centre de la Méditerranée, face à l'Afrique Magrebine, devrait en faire une plaque tournante des échanges culturels et commerciaux inter-continentaux, conformément à sa vocation historique.